politique
Jour de la patrie basque
Rédaction
eitb.com
Pour la première fois, l'ensemble des partis abertzale du Nord et du Sud appelle à un rassemblement dimanche à Iruña pour le Jour de la Patrie Basque, que le PNV célèbrera lui à Bilbao.
Photo d'archives de l'Aberri Eguna de 2011 à Gernika. Photo : EITB
L'Aberri Eguna, le Jour de la Patrie Basque, prendra une dimension plus forte encore que ses précédentes éditions, avec un appel unitaire (et historique) des forces aberztale (gauche patriote) pour un rassemblement dimanche 8 avril à midi à Pampelune/Iruña, dans un contexte qui ne cache pas son intention de redéfinir fortement le paysage politique de la communauté autonome basque d'Euskadi, à deux ans des élections générales.
L'an passé, les indépendantistes basques avaient choisi de célébrer cet Aberri Eguna à Gernika et le PNV ( (parti nationaliste basque) à Bilbao, quand le parti Aralar au Sud et Abertzaleen Batasuna au Nord, n'avaient participé à aucun de ces deux appels, et n'avaient pas organisé d'Aberri eguna.
Mais pour la première fois, l'ensemble des formations politiques indépendantistes et nationalistes du Nord et du Sud, se présentant réunies à Bayonne le 14 mars dernier (et qui tiendront la veille un meeting politique commun à St Jean Pied de Port/ Donibane Garazi), a fait de cette date et de ce lieu le point d'orgue de la revendication du "droit à l'auto-détermination, conformément à la volonté du peuple basque", quand le PNV (parti nationaliste basque) l'organisera de son côté le même jour à Bilbao, et que les deux partis aux commandes d'Euskadi, le PSE-EE et le PP (droite), ne participeront à aucune des deux.
Si le PNV salue "la première édition de l'Aberri Eguna sans la menace de la violence de l'ETA", il souligne aussi par la voix de son Président Iñigo Urkullu que cet arrêt définitif depuis octobre 2011 est "un pas déterminant pour que ce pays accède à la paix", et que le moment doit aussi intégrer une attitude de "conciliation".
"Ceux qui ont vécu avec le sentiment de la légitimité de la lutte armée doivent reconnaître aujourd'hui le droit à la différence, et doivent respecter les majorités et les minorités qui, chacune, définissent la société basque", a-t-il déclaré à destination des organisateurs de l'Aberri Eguna d'Iruña.
Un discours qui est loin d'emporter l'adhésion du nouveau front abertzale, qui lui oppose "le refus d'une réelle volonté d'une dynamique de paix", lui reprochant "d'être inféodé à Madrid", et l'écartant de fait d'un "accord stratégique national pour le Pays Basque", "une nouvelle phase qui apportera à Euskal Herria la paix et la liberté".
De son côté, le Parti Socialiste du lehendakari Patxi Lopez a décrit ces échanges comme des "messages politiques qui ne prennent pas en compte les problèmes réels du Pays Basque, comme le chômage et la crise économique".
Ce 8 avril 2012, année de la commémoration du 75ème anniversaire du bombardement de Gernika, fera sans doute du cadre de cet Aberri Eguna une photographie précise des affrontements électoraux à venir en Euskadi.
A Bilbao et à Iruña seront dessinés les contours d'une "répétition générale", d'une importance toute particulière dans une communauté autonome où les nouvelles cartes des coalitions de Bildu et Amaiur ont déjà sérieusement modifié la donne politique basque.
80 ans d''Aberri Eguna
Le premier Aberri Eguna eut lieu à Bilbao en 1932 et fut organisé par le Parti nationaliste basque le dimanche de Pâques, en commémorant le 50e anniversaire du jour où Sabino Arana, le fondateur du parti, avait eu la révélation de ses convictions.
Des milliers de personnes participèrent à une manifestation qui traversait la capitale biscayenne pour terminer devant la maison natale de Sabino Arana. Ensuite, durant le temps de la dictature franquiste, l''Aberri Eguna fut interdit, et ne trouva sa place qu'à l'étranger, où se trouvaient les exilés basques (Paris, Caracas, New York...).
Le 15 avril de 1963, le parti abertzale Enbata du Pays Basque nord organisa le premier Aberri Eguna du Nord, réunissant 300 à 400 personnes à Itxassou, afin de célébrer et proclamer par la Charte d''Itxassou le droit à la souveraineté du peuple basque rassemblé.
À la fin de la dictature, pendant la transition, il fut adopté par tous les partis, nationalistes et non nationalistes comme un jour de festivité pour la patrie basque, une revendication à laquelle les partis constitutionnalistes espagnols d'Euskadi n'adhèrent pas.
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