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Commémoration

Le 11 septembre, au Chili, l'heure n'est plus aux illusions

Ramuntxo Garbisu

eitb.com

La commémoration du coup d'Etat de Pinochet en 1973 peine à affronter le travail de sape de l'Histoire tel que mené encore aujourd'hui. Les indiens Mapuche, de leurs côtés, manifestent toujours.

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Si la commémoration du 11 septembre au Chili, celui de 1973, n''a pas exactement le même traitement médiatique international que celle relative aux attentats aux Etats Unis, cette date relève toujours d''un exercice imposé pour le président en place dans le pays.

Vainqueur en mars 2010 des élections présidentielles, l''homme d''affaires de droite Sebastian Piñeira aura souscrit à cette obligation, mais en y apposant une coloration différente, qualifiant le coup d''Etat de Pinochet de "dénouement prévisible d''une démocratie malade".

Absent de l''acte officiel de commémoration, pour cause de voyage de travail dans le nord du pays à Antofagasta, il a lancé un appel pour "laisser de côté les douleurs et les divisions du passé".

"Trois Chiliens sur quatre qui vivent aujourd''hui dans notre pays sont mineurs ou n''étaient pas nés au 11 septembre 1973, et nous ne pouvons plus rester figés sur de telles querelles et visions", a-t-il déclaré.

La démocratie chilienne n''aurait pas été frappée par "une mort subite ou intempestive", mais par "l''accumulation de polarisations extrêmes, de manque de dialogue", donnant ainsi "l''impression que le gouvernement et l''opposition de l''époque avaient pour projet de se détruire mutuellement, ce qu''ils sont parvenus à faire".

Des propos qui tranchent par leur "modération" dans un pays où, selon un décompte officiel, 3 mille personnes ont été assassinées ou disparues, entrainant de nombreux procès impliquant plus de 500 responsables militaires.

Mort en 2006 sans avoir jamais été condamné pour des délits en relation avec la dictature, Augusto Pinochet a oeuvré pendant des décennies pour effacer de la mémoire historique du pays les faits qui s''y sont déroulés en 1973, allant jusqu''à ordonner une vaste opération de destruction de fiches d''Etat civil rendant impossible la recherche de personnes disparues "n''ayant jamais officiellement existé".

A Santiago, pendant la commémoration, divers partis chiliens issus de la Concertation de Partis pour la Démocratie - regroupant des socialistes et des démocrates-chrétiens - ont déposé des fleurs devant la statue de Salvador Allende, en face du palais présidentiel de la Moneda.

Refusant de voir ce pan historique oublié ou minimisé, ils ont exprimé "la certitude que Allende a laissé un grand héritage pour tous ceux qui croient en un pays plus juste, et nous continuerons à lutter pour cela", ont-ils déclaré.

Quelques jours auparavant, la presse avait choisi de se faire l''écho de tout ce que cette journée du 11 septembre pourrait véhiculer de "polémique", dans un contexte politique versé à droite depuis 6 mois.

Quelques incidents en périphérie de Santiago éclatèrent de fait entre forces de l''ordre et des groupes de jeunes encagoulés, qui s''en sont pris à des postes d''alimentation électrique, incendiant des barricades et arrosant de balles la façade d''un commissariat.

Au centre de Santiago, 3.000 personnes convoquées par les associations de défense des droits de l''homme ont quant à elles défilé dans le calme, avant qu''une cinquantaine de contre-manifestants ne les prennent à partie, s''en prenant également aux journalistes présents, puis détruisant sur leur passage du mobilier urbain et mettant le feu à diverses barrières.

Avec moins d''agitation, la communauté mapuche a elle aussi profité de cette commémoration du 11 septembre pour rappeler qu''elle refuse de voir dans l''incarcération de beaucoup d''entre eux la seule réponse à leur exigence de restitution de leurs terres, dans le sud et le centre du pays, plus particulièrement dans la région de La Araucanía, à 650 kilomètres au sud de la capitale.

Ancienne ministre de la Présidente socialiste Michelle Bachelet, la Ministre de la Santé Jaime Mañalich a reconnu que "appliquer les lois de la justice militaire et de l''antiterrorisme contre les grèves des Mapuches n''avait pas été une bonne décision".

La semaine passée, Sebastian Piñeira annonça deux propositions de réforme afin "d''atténuer l''impact des lois actuelles sur les indiens Mapuche", sans recevoir de signes de satisfaction de cette communauté.

Trente quatre d''entre eux sont actuellement en grève de la faim, accusant l''Etat de "se laver les mains de leurs sorts et préférant régler cela entre parlementaires".

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