En Navarre, une étude conclut sur la LGV "non rentable, et non verte"

environnement et science

Lignes à Grande Vitesse

En Navarre, une étude conclut sur la LGV "non rentable, et non verte"

Rédaction

eitb.com

03/11/2011

Des chercheurs économistes basques remettent en cause les principaux arguments du développement des Lignes à Grande Vitesse, et invitent la Navarre à changer de position sur le sujet.

  • Une étude d'économistes basques réfute le mirage du tout-LGV. Photo: EITB

    Une étude d'économistes basques réfute le mirage du tout-LGV. Photo: EITB

    Une étude d'économistes basques réfute le mirage du tout-LGV. Photo: EITB
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La Fundación Sustrai Erakuntza a présenté hier à Pampelune/Iruña une étude économique sur la rentabilité financière, sociale et environnementale du Train à Grande Vitesse en Navarre, à un moment où la volonté politique de l'Espagne de construire un réseau exceptionnel de lignes LGV, par un investissement de 50 milliards d'euros sur les sept prochaines années, fait débat outre-Pyrénées.

Se basant sur les travaux de trois chercheurs en économie de l'Université du Pays Basque et avec la collaboration d'un confrère de l'Université de Navarre, cette étude de 94 pages rappelle que le contexte de crise économique mondiale produit une re-lecture obligatoire des priorités financières, en même temps qu'une évaluation de l'impact environnementale, qui ne peut être motivée par la seule recherche d'alternative à la raréfaction des énergies traditionnelles.

Ainsi, la stratégie du tout-LGV, portée avec la même insistance politique en France qu'en Espagne, soulignent les rédacteurs, doit prendre en compte le contexte international de non-viabilité économique de ce modèle de transport tel qu'observé en particulier en Europe.

Le prix du billet ne suffit pas à couvrir les dépenses faramineuses de construction engendrées (en moyenne 17 millions d'euros par km), et ce modèle de déplacement ne parvient pas à concurrencer l'avion sur des distances supérieures à 500 km (que cela soit pour les voyageurs ou le fret).

Rappel est ainsi fait de l'obligation actuelle de l'Espagne de continuer à financer l'exploitation des LGV sans recevoir aucune recette en retour.

Et de citer le cas cauchemardesque de la ligne LGV entre Tolède et Albacete, où l'Etat espagnol doit financer le fonctionnement du tronçon à raison de 18.000 euros par jour sur une ligne qui accueille 16 voyageurs en moyenne quotidienne.

Un effet contre-productif, constatent-ils, quand une telle mission de service public est fragilisée, rappellent-ils, par un objectif de rentabilité (et donc de choix faits) par des consortiums privés.

Si le réseau envisagé en Espagne de la LGV permet de relier la plupart des capitales de régions à Madrid, le constat est fait d'une fragilisation des voies dites secondaires, celles permettant essentiellement d'éviter aux citoyens de ne pas prendre leurs voitures.

Un échec de réduction des gaz à effet de serre, quand, rappellent-ils, l'économie de CO2 faite entre le train et la voiture doit intégrer l'impact énorme lié à la construction de ces lignes.

Un choix que, dès 2009, la Suède refusait, un Comité d'Experts environnementaux déterminant à cette époque que "la construction de LGV ne devrait pas être vendue aux citoyens comme une politique verte, ni en Suède ni dans tout autre pays européen où ces projets sont prévus".

Seule une motivation politique fondée sur une vision libérale peut dès lors conduire à un forcing sur ce type de projets, estiment-ils, caractérisés par une absence de transparence sur les coûts réels et sur l'ampleur des sur-coûts inévitables, sur une tarification très élevée pour les voyageurs qui ne peut donc correspondre au besoin général.

La seule démonstration politique qu'attendent ces chercheurs serait de montrer avant toute chose la possibilité concrète de faire quitter les marchandises des routes pour les mettre sur le réseau de voies existantes, avant de faire le pari que l'offre doperait la demande.

"La Navarre devrait reconsidérer sa stratégie de développement ferroviaire", concluent-ils, "la crise financière et énergétique traversée devrait conduire à prioriser l'existant avant de se lancer dans des investissements insoutenables en termes de finances publiques et d'impacts environnementaux".

Rappel est ensuite fait que la Fundación Sustrai Erakuntza est un organisme sans but lucratif fondée en août 2010, et que son rôle consiste à apporter des éléments nouveaux au débat social, politique et technique de la Navarre.

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